Éprouver de l’empathie est un élément clé dans les relations humaines. Celle-ci nous aide à nous mettre à la place des autres ainsi qu’à comprendre leurs émotions et leur point de vue. Une sorte de branchement aux gens qui nous entourent et qui va nous permettre de réagir de manière appropriée. Cependant, certaines personnes peuvent manquer d’empathie et ne pas être en mesure de se connecter émotionnellement aux autres. Dans cet article, je vais vous expliquer les causes du manque d’empathie et les conséquences que cela peut avoir. Nous verrons également quels sont les moyens qui permettent de développer cette capacité cognitive et émotionnelle.

 

Les facteurs qui peuvent limiter l’empathie

Tout d’abord, il convient de savoir qu’il existe plusieurs types d’empathies qui utilisent des caractéristiques et des fonctions différentes :

  • L’empathie émotionnelle

C’est notre capacité à ressentir les émotions des autres. Ce qu’une personne ressent émotionnellement peut avoir un impact sur notre propre état émotionnel. Voir quelqu’un de triste peut aussi nous amener à éprouver de la peine.

 

  • L’empathie cognitive

Une autre grande capacité, mais cette fois pour se mettre à la place de l’autre afin de comprendre son point de vue et reconnaître ses émotions. Pour autant, même si nous cernons ce qui affecte le comportement et les sentiments des autres, cela ne veut pas dire que nous éprouvons cette détresse émotionnelle.

 

  • L’empathie compatissante

Cette empathie serait la combinaison de l’empathie émotionnelle et de l’empathie cognitive. À elles deux, elles entraînent une compassion qui va nous amener à vouloir aider les autres. Le côté « cognitif » bloque moins nos actions car nous ne sommes pas freinés par un « trop plein » émotionnel. L’empathie compatissante rationalise un peu plus notre ressenti.

 

  • L’empathie somatique

Ce type d’empathie implique une réaction physique qui s’active face à la détresse de notre interlocuteur. Cela peut déclencher des mots de ventre, d’estomac ou de tête si le ressenti émotionnel est trop important. Ce que l’autre éprouve, la personne empathique l’éprouve physiquement.

 

Chacun d’entre nous a un niveau empathique différent. Certains peuvent être dotés d’une empathie cognitive plus forte que l’empathie émotionnelle, ou inversement. Une empathie émotionnelle plus élevée permet de se sentir triste pour quelqu’un, tout en se disant parfois que sa réaction peut sembler disproportionnée au niveau de ses émotions. C’est parce que la compréhension de la situation du point de vue de celui qui souffre, n’est pas clairement saisi. Tout simplement parce que l’empathie cognitive est moins forte que l’empathie émotionnelle.

l’empathie est donc une sorte de variation. Elle s’étire sur une ligne qui va de « faiblement » à « fortement » empathique. Cela est en partie génétique, en comptant les facteurs hormonaux pour les femmes, l’apprentissage social, sans oublier l’éducation qui est indispensable dans le développement du quotient empathique.

Notre empathie est fluctuante et varie d’un contexte à l’autre : nous pouvons en avoir beaucoup ou en éprouver très peu. Néanmoins, certaines personnes peuvent aussi pâtir d’un niveau empathique très faible. Cela peut entraîner un comportement qui peut affecter l’entourage personnel et professionnel.

 

Voici les raisons principales qui expliquent ce manque :

  • Des troubles de la personnalité : le trouble de la personnalité antisociale – la psychopathie – la sociopathie – le trouble de la personnalité narcissique – le trouble de la personnalité limite – l’autisme – l’alexithymie (déficit de la lecture émotionnelle)

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les individus ayant un trouble de la personnalité antisociale, ainsi que les psychopathes et les sociopathes, ne sont pas totalement démunis d’empathie. Ils peuvent en éprouver mais ils manquent de motivation pour la ressentir ou préfèrent ne pas s’embarrasser avec ce type de détail émotionnel.

Concernant les autistes, ils éprouvent des difficultés avec l’empathie cognitive. Ils ont du mal à comprendre le point de vue des autres. Leur empathie émotionnelle peut se développer mais ils ont du mal à comprendre et à exprimer ce qu’ils perçoivent ou ce qu’ils ressentent. Ils peuvent donc lire la douleur de l’autre, mais sans comprendre la portée de l’émotion qu’ils visualisent. Pour leur propre état émotionnel, ils ont du mal à contrôler leurs réactions. Ils vont donc activer les régions du cerveau qui servent à maîtriser les émotions. C’est une façon de se protéger pour ne pas souffrir de leur émotivité.

 

Mais aussi : 

  • Des lésions cérébrales : des blessures à la tête peuvent endommager la zone qui gère l’empathie
  • L’aspect culturel : dans certaines cultures, la mise en avant constante de l’individualité et de la compétition peut détériorer la coopération mutuelle
  • Les traumatismes : les abus physiques, sexuels et psychologiques peuvent parfois dégrader la capacité empathique. S’ils surviennent très tôt dans l’enfance, la victime peut se protéger à sa manière en se réfugiant dans la dureté et en se détournant des autres
  • La solitude : l’empathie est aussi un comportement social et le fait de vivre seul, sans jamais voir personne, peut faire diminuer son ressenti. Le repli sur soi et l’absence de contacts réguliers avec les gens peuvent couper l’intérêt et l’attention que nous devrions porter à notre entourage
  • La tristesse, l’épuisement, le stress : une affliction liée à une perte qui entraîne un épuisement physique et psychique peut rendre moins enclin à s’ouvrir aux autres. Une sorte d’évitement émotionnel peut alors se mettre en place lorsque quelqu’un est assailli par sa propre détresse personnelle. Le manque d’empathie peut alors être « temporaire »
  • Les substances addictives : l’alcool et la drogue peuvent également nuire au ressenti de la sympathie et de la compassion

D’autres personnes peuvent également avoir une empathie cognitive plus intense que l’empathie émotionnelle, ce qui peut donner une certaine froideur dans les rapports relationnels. 

 

Les signes du manque d’empathie

Selon la cause qui la caractérise, une personne qui a une faiblesse empathique n’est pas seulement froide ou insensible. Elle peut également avoir un manque de compréhension des sentiments ou des pensées de ses interlocuteurs. Une telle insuffisance empathique va lui compliquer ses relations avec les autres car elle aura parfois du mal à lire les émotions d’autrui, à les nommer et à les interpréter.

Dans bien des cas, elle peut considérer que son entourage éprouve des émotions qui sont irrationnelles, voire exagérées. Ainsi, elle aura bien du mal à apporter un soutien approprié à ceux qui en ont besoin. Une telle froideur apparente chez quelqu’un peut entraîner son rejet, des critiques ou de la crainte vis-à-vis d’elle.

Voici les signaux qui peuvent indiquer un problème empathique :

Notons que le fait de ressentir de l’empathie dépend de plusieurs facteurs : du lien avec la personne, les sentiments éprouvés pour elle, le contexte, et l’état psychologique, physique et émotionnel dans lequel nous nous trouvons.

 

Renforcer l’empathie

Dans bien des cas, il est possible de développer cette compétence. Il convient d’abord d’avoir conscience de l’environnement dans lequel nous évoluons tout en observant les gens qui nous entourent. Il faut volontairement se demander ce que nous ferions si nous étions dans la même situation qu’une personne qui souffre.

La façon de parler en dit long sur ce que les autres ressentent. Renforcer l’empathie passe par cette notion d’écoute active, par le son, le rythme de la voix, les silences, mais aussi par les expressions d’un visage et les mouvements corporels. Si reconnaître les émotions s’avère trop compliqué, il existe des formations en ligne qui permettent de travailler sur la lecture émotionnelle.

Parfois, le manque d’empathie ne peut être qu’une simple protection pour ne pas se sentir vulnérable. Il faut donc accepter de ressentir nos propres émotions, les comprendre et parfois même les canaliser afin de mieux cerner et mieux éprouver l’état émotionnel de notre entourage.

Toutefois, si cette problématique est réellement profonde et entraîne de vraies difficultés dans la communication quotidienne, il ne faut pas hésiter à se faire aider par un professionnel. Avec lui, il sera possible d’explorer les causes réelles de cette défaillance empathique tout en travaillant sur des approches humaines qui permettront de mieux comprendre les émotions des personnes environnantes.

En conclusion, le manque d’empathie peut avoir des conséquences néfastes sur les relations interpersonnelles et sur la société dans son ensemble. Nous devons prendre conscience de cela et travailler davantage sur notre capacité à se mettre à la place des autres afin de construire des relations saines et solidaires.

 

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