Beaucoup de gens sont fascinés par l’univers du crime. Vouloir comprendre les motivations d’un passage à l’acte n’est pas immoral en soi. C’est même une curiosité humaine légitime face à ce qui dépasse l’entendement. Mais il existe une autre catégorie de curiosité, bien plus troublante : la fascination qui se transforme en attirance, voire en attachement affectif pour un criminel reconnu dangereux.
Ce phénomène a un nom clinique : l’hybristophilie. Il désigne une attirance, pouvant aller jusqu’à l’excitation sexuelle, pour un partenaire criminel. C’est un mécanisme documenté, plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, et qui recouvre des réalités psychologiques très différentes selon les profils.
Les 4 profils de femmes attirées par les tueurs en série
L’attirance pour un criminel dangereux ne répond pas à une seule logique psychologique. Plusieurs profils distincts ont été identifiés, chacun avec sa propre dynamique, ses mécanismes et ses risques.
1. La sauveuse : le syndrome de l’infirmière
Cette femme est persuadée qu’elle peut changer le comportement du criminel. Elle minimise les actes commis, parfois jusqu’à les exclure complètement de la relation qu’elle construit mentalement avec lui. Elle voit en lui un homme mal compris par la société, dont une enfance difficile a détruit la confiance en lui. Elle croit en sa rédemption.
Dans sa forme la plus grave, la sauveuse peut finir par fermer les yeux sur la continuité des passages à l’acte, voire devenir complice. Il faut néanmoins nuancer : beaucoup de femmes sont attirées par des profils chaotiques sans basculer dans la pathologie.
L’attirance pour les « bad boys » relève souvent davantage de l’éducation et du rapport au pardon que d’un trouble clinique.
2. L’amoureuse virtuelle : la relation épistolaire comme refuge
Ce profil concerne des femmes qui n’ont pas eu de relations sentimentales satisfaisantes et se sentent profondément seules. En entrant en contact épistolaire avec un criminel incarcéré, elles cherchent une relation qui leur semble à la fois sûre et contrôlable.
L’homme est en prison, souvent pour de longues années : il ne peut pas les rejeter, ne peut pas les quitter. Il sera au contraire flatté de l’intérêt qu’elles lui portent.
Deux extrêmes se rencontrent : une femme en détresse affective et un homme à la personnalité déviante. La dynamique qui en résulte est inévitablement déséquilibrée.
Femmes de prédateurs sexuels : profils psychologiques et mécanismes du silence
Un autre éclairage criminologique sur la complicité féminine face aux profils criminels dangereux : déni, peur, manipulation et dynamiques d’emprise.
3. La pathologique : fascination totale et risque de complicité
C’est le profil le plus préoccupant. L’instabilité mentale de ces femmes les amène à prendre entièrement fait et cause pour le criminel, jusqu’à nier les crimes commis. Elles ne se contentent pas de la relation épistolaire : elles demandent à rencontrer le criminel en prison, et une fois celui-ci libéré, peuvent aller jusqu’au mariage.
Cette relation peut les mener à devenir complices, soit par choix personnel, soit parce que le criminel teste leur amour en leur faisant franchir cette frontière.
Les études montrent que certaines de ces femmes ont été victimes de maltraitances physiques ou sexuelles dans l’enfance. S’abandonner à un homme reconnu pour sa dangerosité peut représenter, pour elles, une façon de reprendre le contrôle sur le mal qui leur a été fait.
4. L’opportuniste : la renommée comme ressource
Une quatrième catégorie, moins fréquente, est motivée principalement par la renommée du criminel. Son nom circule dans les médias, son visage est connu.
Entretenir une relation avec lui peut représenter un bénéfice financier en revendant des informations ou des objets lui appartenant.
Ce profil est marginal dans la littérature clinique, mais il existe.
Ce qui rend un tueur attractif : le rôle du charisme et de la manipulation
Les tueurs en série sont généralement mis en avant à travers les médias dans une lumière qui gomme le côté monstrueux de leurs actes. Ce sont souvent des manipulateurs habiles, capables de projeter une image charismatique, confiante et séduisante. Loin du cliché effrayant que leurs crimes inspirent.
Pour ces hommes, la relation avec ces femmes repose sur un calcul, pas sur de l’amour. Ce qu’elles leur apportent est concret :
- Une sécurité financière et matérielle.
- Un contact avec l’extérieur quand ils sont incarcérés.
- Un dévouement qui alimente leur ego.
- Un semblant de normalité dans une situation d’enfermement.
Peut-on dire que leur amour est mutuel ? Cela est très difficile à affirmer. Ce qui est certain, c’est qu’il est fondamentalement déséquilibré, construit sur des fissures personnelles dont la dynamique est morbide et inévitablement nuisible pour la femme concernée.
Ce que l’hybristophilie révèle sur nos angles morts collectifs
L’hybristophilie existe aussi chez les hommes, mais de façon bien plus rare. Peut-être parce qu’il y a significativement moins de femmes tueuses en série dans les affaires médiatisées, et donc moins de sujets d’attraction disponibles selon cette dynamique.
Ce phénomène interroge sur la façon dont les médias construisent des figures criminelles et sur ce qu’une couverture médiatique non réfléchie peut produire comme effets sur des personnes psychologiquement vulnérables.
Comprendre ces mécanismes, c’est aussi comprendre pourquoi certaines protections journalistiques autour du traitement des affaires criminelles ont une réelle utilité.
Décryptage d’un profil ou d’une situation à enjeux
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