Afin d’amener un enfant à bien se comporter, un petit mensonge peut jaillir ! Utilisé une fois, il ne représente pas un réel problème, mais plusieurs mensonges pour susciter l’obéissance ou autre chose de la part d’un enfant, pourraient être nuisibles. La question du mensonge dans la relation parent-enfant est plus complexe qu’il n’y paraît.
Tous les parents ont déjà utilisé un petit mensonge pour éviter une crise ou gagner quelques minutes. Mais à partir de quel moment cette stratégie devient-elle contreproductive ? Et quelles traces ces petites tromperies répétées laissent-elles dans le développement de l’enfant ? Une étude internationale apporte des éléments de réponse précis et, parfois, dérangeants.
Mentir à ses enfants pour les faire obéir : quels effets sur leur comportement à l’âge adulte ?
Dans certains cas, mentir à nos enfants peut sembler nous faire gagner du temps. Cela arrive lorsque nous souhaitons que l’enfant fasse quelque chose de précis, mais le fait de lui expliquer la raison s’avère trop long.
Pourtant, la plupart des parents vantent les mérites de l’honnêteté auprès de leurs enfants et peuvent, en même temps, faire preuve de duperie vis-à-vis d’eux. Si la supercherie est découverte, le message envoyé est contradictoire et cela finit par dégrader la confiance de l’enfant en direction de l’adulte.
Ce que l’étude de l’Université de Singapour révèle
Une équipe de recherche a donc décidé de comprendre les dégâts que cela pourrait occasionner une fois que l’enfant est grand.
Cette étude a été réalisée sur 379 jeunes adultes qui ont rempli quatre questionnaires en ligne. Les questions portaient sur :
- L’estimation de la fréquence des mensonges de leurs parents
- La fréquence de leurs propres mensonges vis-à-vis de leurs parents
- Leurs mensonges destinés à protéger les autres
- L’adaptation de leur vie sociale
- Leur comportement quotidien
L’étude portait sur des mensonges dits de « dépit » ou encore les mensonges par « omission », comme par exemple :
- « Si tu n’obéis pas immédiatement, j’appelle la police pour qu’elle t’embarque »
- « Dépêche-toi sinon je pars sans toi »
- « Je ne peux pas t’acheter ce jouet, je n’ai pas d’argent sur moi »
Les résultats du test révèlent ceci :
- Les testeurs sont plus susceptibles de mentir à leurs parents maintenant qu’ils sont, à leur tour, devenus adultes
- Ils ont davantage de difficultés d’adaptation
- Ils se sentent perturbés de manière générale
- Ils ont des problèmes de comportement et d’agressivité
- Ils sont plus égoïstes et manipulateurs que la moyenne
- Ils ont du mal à extérioriser certaines émotions
Ces résultats soulèvent une question fondamentale sur la transmission des comportements. Un enfant qui grandit dans un environnement où le mensonge est un outil de régulation ordinaire intègrerait progressivement cette logique comme une norme relationnelle. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est un mécanisme que la psychologie de l’enfant documente de façon cohérente depuis plusieurs décennies.
Toutefois, si cette étude est intéressante sous bien des aspects, elle souffre néanmoins de certaines limites. Tout se base sur des questionnaires en ligne qui font appel à des souvenirs qui remontent loin dans l’enfance. De plus, l’étude aurait peut-être été encore plus précise si les parents de ces jeunes avaient, eux aussi, répondu à certaines questions. Ensuite, rien ne prouve que les mensonges des parents soient la cause réelle des maux de ces jeunes devenus adultes.
Pour finir, il convient de distinguer les mensonges bénins des mensonges plus graves qui pourraient réellement nuire au bien-être émotionnel de l’enfant…
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Comment trouver l’équilibre entre protection et honnêteté avec ses enfants ?
C’est une décision propre à chacun d’entre nous. Les situations diffèrent et certaines d’entre elles peuvent rendre le mensonge plus « acceptable ». Toutefois, il convient d’exercer son jugement personnel et de se poser les bonnes questions :
- Ce mensonge est-il pour vous ou pour votre enfant ?
- Est-ce que ce mensonge va l’aider à court terme mais s’avérer nuisible sur du long terme ?
- Est-il dans la capacité de comprendre la vérité ?
Les bonnes questions à se poser avant de mentir à son enfant
Vous l’avez compris, tout dépendra de l’âge et du niveau de maturité de l’enfant en question. Et puis chaque famille a son propre mode de fonctionnement.
Au mieux, tous ces résultats suggèrent que les mensonges parentaux répétés font partie d’un climat éducatif qui peut fragiliser certains enfants, sans que l’on puisse isoler le mensonge comme facteur unique.
Il faut aussi trouver l’équilibre entre ce qu’il faut dire et ce qu’il faut éviter de raconter. Un enfant n’a pas forcément besoin de tout savoir. On le protège mais on ne le surexpose pas !
Et n’oubliez jamais que les enfants prennent principalement exemple sur leurs parents. Le comportement que nous montrons au quotidien est celui qu’ils vont adopter, d’une certaine manière, dans leur propre vie.
Source – * Recherche de l’Université technologique de Singapour – En collaboration avec l’Université canadienne de Toronto, l’Université de Californie aux États-Unis, et l’Université du Zhejiang en Chine.
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